Affiche du film A second chance

A second chance

de Susanne Bier
VOSTFR
Bande annonce
Film danois sorti le 13 janvier 2016
Avec Nikolaj Coster-Waldau, Maria Bonnevie, Ulrich Thomsen, Nikolaj Lie Kaas, Lykke May Andersen
Genre : Drame, Thriller
Durée : 1 h 42

Andreas est un jeune inspecteur prometteur qui gère, en plus de son travail, les crises et déboires de Simon, son coéquipier récemment divorcé. Quand il rentre de son service, il a le bonheur de retrouver sa femme et leur nouveau-né. Un matin, Andreas et Simon sont appelés pour une violente dispute chez un couple de junkies. Ils découvrent sur place un nourrisson laissé pour compte, caché dans un placard. Par identification avec son propre enfant, Andreas est en état de choc. Il retourne plus tard chez lui perturbé par cette intervention. En pleine nuit les cris de sa femme le réveillent. Face à l’impensable, Andreas va prendre une décision au-delà de toute raison.


Critique

La médaille en chocolat ci-dessus mentionnée n’est pas anodine. A second chance n’est pas vraiment un polar mais si le film a été distingué par le jury d’un festival consacré au genre, c’est bien parce qu’il installe un véritable suspense, parce que son récit est construit un peu comme une enquête, délivrant les informations au fur et à mesure, conduisant son protagoniste principal – et le spectateur – sur d’éventuelles fausses pistes pour mieux révéler une vérité, ou plutôt des vérités presque insoupçonnables. Si bien que ce drame familial et existentiel captive autant qu’un thriller…

Policier, c’est quand même le métier d’Andreas, notre héros. Il est inspecteur et fait sereinement son boulot, équilibré par une vie familiale on ne peut plus harmonieuse : une épouse aimée et aimante, et un nouveau-né accueilli dans l’allégresse. Tout le contraire de son co-équiper Simon, un peu plus âgé, récemment divorcé et sur la voie de s’abimer dans un alcoolisme à peine dissimulé. Cette situation radicalement opposée est constitutive des enjeux psychologiques et moraux que développera le film : entre le flic bien dans sa vie et le collègue en perdition, le plus fragile ou à l’inverse le plus « raisonnable » n’est pas forcément celui qu’on croit.

Un matin, Andreas et Simon sont appelés pour une intervention d’urgence chez un couple de junkies qui se disputent à grand tapage. Ils découvrent une jeune femme complètement paumée, sous la coupe d’un partenaire grande gueule et qui a du mal à contenir sa violence. De là à considérer qu’il est dangereux, il n’y a qu’un pas… Et le plus difficile à encaisser, surtout par Andreas qui se sent particulièrement concerné, c’est ce tout petit enfant caché dans un placard, qui ne semble pas bénéficier de tous les soins recommandés par le guide du parfait parent. De là à considérer que le bébé est maltraité, il n’y a qu’un pas…

C’est autour de ce tout petit enfant que va se nouer l’intrigue, que va se cristalliser le drame dont nous ne vous révèrerons rien. Sinon qu’il mettra en scène les mécanismes psychologiques éventuellement aberrants que peut engendrer l’amour paternel / maternel. Sinon qu’il interrogera sans concession la bonne conscience paternaliste et intrusive de la bourgeoisie danoise (il va sans dire que, comme le nuage de Tchernobyl, ce paternalisme de classe ne connaît pas les frontières). Sinon qu’il épinglera de manière cinglante et définitive les dangers de la foi aveugle dans le déterminisme social et culturel.

« A second chance est un drame personnel sur des personnes vulnérables, qui font face à des situations dont ils n’ont pas le contrôle, qui n’ont pas forcément la force nécessaire pour affronter ces épreuves. Un drame aussi sur les secrets qui les entourent. Aux prises avec ces questions, nous avons cherché à examiner les bases morales des relations humaines, qu’elles soient privées ou sociales, à nous interroger sur nos propres valeurs morales et éviter les jugements hâtifs. » Susanne Bier