Affiche du film Sur les chemins de l’école

Sur le chemin de l’école

de Pascal Plisson
Bande annonce
Film français sorti le 25 septembre 2013
Genre : Documentaire
Durée : 1 h 17

Ces enfants vivent aux quatre coins du globe mais partagent la même soif d’apprendre. Ils ont compris que seule l’instruction leur permettra d’améliorer leur vie, et c’est pour cela que chaque jour, dans des paysages incroyables, ils se lancent dans un périple à haut risque qui les conduira vers le savoir.

Jackson, 11 ans, vit au Kenya et parcourt matin et soir quinze kilomètres avec sa petite sœur au milieu de la savane et des animaux sauvages…

Zahira, 12 ans, habite dans les montagnes escarpées de l’Atlas marocain, et c’est une journée de marche exténuante qui l’attend pour rejoindre son internat avec ses deux amies…

Samuel, 13 ans, vit en Inde et chaque jour, les quatre kilomètres qu’il doit accomplir sont une épreuve parce qu’il n’a pas l’usage de ses jambes. Ses deux jeunes frères poussent pendant plus d’une heure son fauteuil roulant bricolé jusqu’à l’école…

C’est sur un cheval que Carlos, 11 ans, traverse les plaines de Patagonie sur plus de dix-huit kilomètres. Emmenant sa petite sœur avec lui, il accomplit cet exploit deux fois par jour, quel que soit le temps…


Critique

Il est long, le chemin qui mène à l’école : des kilomètres et des kilomètres à parcourir, pendant des heures et des heures. Pour Jackson (11 ans) au Kenya comme pour Zahira (12 ans) au Maroc, pour Samuel (13 ans) en Inde et Carlito (11 ans) en Patagonie. Quand ils se mettent en route, la distance et le temps du parcours s’affichent à l’image, écrasants. Voilà ce que souligne ce documentaire original : loin de tout, ces enfants iront à l’école à pied, à cheval, dans le cas de Carlito, et, pour Samuel, handicapé, en fauteuil roulant poussé cahin-caha par ses deux frères.

Tout au long de leur périple, le réalisateur garde une préoccupation simple : donner la mesure de la distance parcourue. Au beau milieu d’étendues magnifiques mais décourageantes, les écoliers cheminent. Ces images sont si frappantes qu’elles n’ont besoin d’aucun commentaire (on aurait même pu se passer de la musique, ronflante). Le film n’insiste pas sur la dureté évidente de ces vies. Pascal Plisson préfère se placer du côté de la ferveur des enfants, qui savent trouver à ces difficultés un goût d’aventure. Au milieu de la brousse avec sa petite sœur, Jackson a déjà l’air d’un grand et semble heureux de soigner cette image d’adulte responsable. Comme Carlito sur son cheval (dont sa sœur à lui voudrait tellement prendre les rênes). Depuis son fauteuil roulant, Samuel dirige le voyage en vrai cornac. Et Zahira balade à travers les montagnes marocaines une poule cocasse qu’elle échangera, une fois en ville, contre un énorme sac de gâteaux, prouvant qu’elle sait vraiment mener sa barque.

Le film veut donner de l’entrain, transmettre celui des enfants : leur détermination est le signe qu’ils sont heureux d’aller à l’école. Mais Pascal Plisson évite de les transformer en petits ambassadeurs des joies de l’éducation. Il montre simplement que, là où elle est, l’école, quand les enfants y arrivent enfin, devient une récompense. Le contraire d’une punition. L’espace fait, ici, de l’école un repère, un but. Le plus sûr passage pour continuer la traversée de la vie. Il fallait aller au bout du monde pour retrouver la force de ces évidences. (F. Strauss, Télérama)