Woman and child
Mahnaz, une infirmière de 45 ans, élève seule ses enfants. Alors qu’elle s’apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l’école. Lorsqu’un un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice pour obtenir réparation…
Dans l’ombre de la Palme d’Or du réalisateur iranien Jafar Panahi pour Un simple accident, ce Woman and child aurait sans doute mérité un peu plus de considération lors de sa projection au dernier festival de Cannes. La faute en partie à une polémique douteuse sur les conditions de production du film : le cinéaste Saeed Roustaee ayant obtenu (après une peine de six mois de prison et une interdiction de tourner de cinq ans suite à son précédent film, le très beau Leila et ses frères) la bénédiction des mollahs s’il acceptait le port obligatoire du voile pour ses actrices. Évidemment, autorisation en poche, le jeune réalisateur de trente-cinq ans, découvert en 2021 avec son excellent polar social La Loi de Téhéran, s’est empressé de retourner habilement cette contrainte en argument de dénonciation de cette pratique imposée par un régime autoritaire, dont la domination masculine est un des piliers.
« Le film raconte l’histoire d’une femme qui résiste à tous les hommes qui lui font face et à une société patriarcale qui la prive de tous ses droits, y compris celui d’être mère », déclare Saeed Roustaee, qui décrit un système verrouillé où tout s’achète, où la corruption règne en coulisses, où la justice privilégie l’accusation des hommes à la défense des femmes. Porté par l’intensité du jeu de l’actrice Parinaz Izadyar et une mise en scène au cordeau, Woman and child ne lâche jamais rien, enchaînant des scènes d’une rare intensité, véritable manifeste féminin déguisé en mélodrame assumé. La soif d’indépendance et de justice de Mahnaz devient celle des milliers de femmes iraniennes qui sont asphyxiées par le patriarcat et qui crient aujourd’hui leur colère. On pourra par moments trouver le trait grossi, pourtant au regard de la violente réponse du régime face à la révolution en cours, on ne peut douter de la véracité du récit.
