Un été à la ferme

de Hugo Willocq
Bande annonce
Film français sorti le 25 février 2026
Genre : Documentaire
Durée : 1 h 40
Langue(s) parlée(s) : français

Séance unique dans le cadre du festival Autrement lundi 30 mars

La ferme de ses parents a toujours été un terrain de jeux idéal pour Paul. Cet été, il a 12 ans. Il est bien assez grand pour aider son père, qui lui confie certaines tâches, mais aussi ses inquiétudes. C’est la fin de l’insouciance, et peut-être, un passage de relais…

La ferme de Grégory est très isolée dans l’Avesnois (arrondissement au sud-est du département du Nord), comme dans un monde à part, encore préservé. Autour, un réseau de fermes similaires trace le portrait d’un milieu rural traditionnel. Une bulle autonome aux abords d’un petit village animé par ses personnages typiques, sa fête annuelle, bercé par le bruit des tracteurs et des animaux. L’époque est celle d’un basculement. Économiquement, ce modèle à taille « familiale » est difficile à tenir. Le film capte cette mutation en cours. Et le contraste éclate parfois autour de certaines aspirations des enfants. Deux visions du milieu agricole se font face, entre la réalité et le rêve d’un avenir plus facile : du côté de Grégory, le réalisme économique et le pragmatisme quant aux tracteurs et outils qu’il a à disposition ; du côté des enfants, une aspiration à la modernité, aux gros engins agricoles dernier cri. Paul et Germain jouent à un jeu vidéo de simulation agricole : « Farming simulator ». Lorsqu’ils ne sont pas dans la ferme, ils la reconstituent dans le jeu. À l’écran, tout semble réel : les saisons rythment les travaux, les tracteurs sont des modèles réels. Mais les limites ne sont pas les mêmes. Dans le jeu, les enfants ont des fermes démesurées et des engins hyper-modernes, et la question de l’argent ne se pose pas… Cette vision idéalisée semble parfois influencer leur perception de la ferme : réalité et jeu se confondent. Grégory, bien que riant de ce décalage, est parfois désabusé. Mais la machine à rêve semble plus influente que les discours du père.

Hugo Willocq nous livre un film touchant, qui se tient entre récit familial et documentaire sur un monde rural à petite échelle qui tend à disparaître, et avec lui tout un tissu social et culturel qui se désagrège, emportant ses multiples pratiques, idiomes particuliers et traditions locales…