Pillion
Colin est un jeune homme passablement timide, que l’on pourrait qualifier d’introverti. De fait, il n’y a pas si longtemps que ça qu’il assume son homosexualité. Et même si ses parents lui apportent soutien et conseils, il n’est pas évident pour Colin d’évoluer comme en terre inconnue. Lui qui vivait jusqu’ici en marge de sa propre existence, qui montrait peu de volonté et une grande passivité, étranger à ses besoins et désirs, va être totalement chamboulé par la rencontre inopinée avec Ray.
Beau comme un dieu, sexy en diable, magnétique, charismatique – bref, n’en jetons plus ! –, Ray est tout bonnement une bombe. Surgi d’un autre monde avec sa clique de motards, il vampe Colin en un clin d’œil. Fasciné, hypnotisé, le garçon est prêt à faire tout ce que cet inconnu pourra lui demander. Tout. N’importe quoi. Faire la cuisine, le ménage, dormir sur le tapis au pied du lit, ramper, se mettre à la moto, porter une chaîne cadenassée autour du cou… Rien ne semble arrêter Colin – qui a, comme il aime à le dire, « une haute aptitude à la dévotion » – dans son souhait de combler les attentes et désirs de Ray. Et c’est ainsi que doucement, insensiblement, mais avec son consentement total, Colin devient le « soumis » de Ray. S’ouvre alors à lui un monde à part…
Premier film du Britannique Harry Lighton, Pillion s’attaque ainsi de manière frontale au désir, à ce qu’il a de troublant, de fragile et de pourtant profondément ordinaire. Sans entrer dans le sensationnalisme ni réduire le BDSM à une métaphore pathologique du pouvoir, Pillion pose sur un milieu méconnu, souvent mal perçu, un regard dénué de ces tristes préjugés qu’il va bien falloir laisser derrière soi.
NB : « Pillion », c’est ce que les motards appellent le « sac de sable ». La place où est juché le passager, qui à la base était là pour lester la moto lors d’une course, assurant ainsi un meilleur équilibre pour le pilote, et qui est, dans la communauté des motards gays, teintée d’une connotation de soumission.
