Orphelin
Budapest 1957, après l’échec de l’insurrection contre le régime communiste. Andor, un jeune garçon juif, vit seul avec sa mère Klara qui l’élève dans le souvenir de son mari disparu dans les camps. Mais quand un homme rustre tout juste arrivé de la campagne prétend être son vrai père, le monde d’Andor vole soudain en éclats…
László Nemes (dont on n’a pas oublié Le Fils de Saul) s’est ici inspiré de l’histoire de son père et de sa grand-mère : « C’est l’histoire d’un gamin qui, à douze ou treize ans, doit changer de nom parce qu’un étranger débarque dans sa vie et dit être son père. À travers cela, c’est toute l’histoire de la survie de ma grand-mère qui est en jeu. Son destin reflète celui d’un XXe siècle trouble, inhumain. Mais je n’ai jamais voulu utiliser cette histoire comme une vérité fermée. Plutôt l’approcher comme un labyrinthe intérieur, pas comme un récit linéaire. »
Le film se situe ainsi entre la filiation et l’impossibilité des liens familiaux. Entre la transmission et le silence. L’histoire de cet enfant se pensant orphelin de père dans un pays qui a été abandonné à la répression et à la dictature, créant ainsi une population orpheline, pose alors la question de la résilience. Comment rester à flots ? Comment mettre fin aux traumatismes qui se répètent de génération en génération ? László Nemes nous immerge avec son Orphelin dans un monde empli de mélancolie. Un monde de fantômes, bâti sur les restes d’une promesse de progrès détruite par les totalitarismes…
