Les fleurs du manguier
La séance du mercredi 6 mai à 20h30 sera suivie d’une rencontre avec la productrice du film Angèle de Lorme
Il est de notoriété publique que le peuple rohingya, qui vient initialement de Birmanie, fait partie des plus persécutés du monde, mais on ne connaît en fait qu’assez superficiellement la terrible situation dans laquelle se trouvent ces gens, car elle ne nous est jamais vraiment montrée et expliquée. Les Fleurs du manguier est le premier long-métrage à avoir été tourné entièrement en rohingya. Le film, réalisé en collaboration avec plus de 200 personnes appartenant à cette communauté, transcende l’artifice relatif de cette méthode de fabrication pour se faire compte rendu puissant du déplacement et des atteintes continuelles subies par ce peuple. Fujimoto lui-même étant japonais, son film est aussi une coproduction peu commune, fruit d’un tournage international comme le cinéma japonais en fait peu.
Après ce qu’on connaît comme le génocide des Rohingyas, perpétré par les forces armées birmanes depuis 2017, près de la moitié de la communauté a fui au Bangladesh. C’est là que nous rencontrons pour la première fois Somira, neuf ans, et Shafi, quatre ans. La sœur et son petit frère décident de fuir le camp de réfugiés dans lequel ils sont avec le reste de leur famille, pour aller vers l’est, jusqu’en Malaisie, un pays majoritairement musulman où leur oncle s’est déjà installé et où ils pourront trouver stabilité et sécurité. Ils se lancent ainsi dans cette traversée périlleuse, en compagnie d’une poignée d’hommes et de femmes qu’ils ne connaissent pas, à la recherche de ce manguier mythique devant la maison de famille ayant bercé les récits de leur grand-mère…
