La femme de
Voilà Marianne aujourd’hui : femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ?
Deuxième long métrage de David Roux après le remarqué L’Ordre des médecins, La Femme de est un drame d’intérieur feutré, presque claustrophobe, portée par la performance de Mélanie Thierry qui offre une belle complexité au personnage de Marianne, ambivalente et pas vraiment sympathique. Il y a beaucoup de cruauté dans cette peinture froide et grise de ce monde où se perpétue le pouvoir – un monde qui s’accroche à son existence, replié sur ses traditions, hermétiquement fermé aux (r)évolutions sociétales, aux principes d’égalité homme-femme ou de consentement. Mais il y brille aussi l’espoir, offert au détour d’un regard ou d’une parole et qui donne aux femmes la force de s’affranchir de leurs geôliers, fussent-ils bien élevés et bien fringués.
