It’s Never Over, Jeff Buckley

de Amy J. Berg
VOSTFR
Film américain
Avec Aimee Mann, Ben Harper, Jeff Buckley, Mary Guibert, Rebecca Moore
Genre : Documentaire, Musique
Durée : 1 h 46
Langue(s) parlée(s) : anglais
Dernière séance : 02 mars 2026

Dimanche 1er mars à 15h10

Film suivi d’une conférence en musiques de Bertrand Dupouy 

(supplément de 2€ pour la conférence, offert aux adhérents du CCCP et aux élèves du CRD)

It’s Never Over, Jeff Buckley, réalisé par la cinéaste nommée aux Oscars, Amy Berg, retrace la vie de ce jeune prodige à la voix céleste et à l’art audacieux, qui a laissé le monde musical des années 90 sous le choc en mourant brutalement à 30 ans, peu après la sortie de son premier album acclamé par la critique, “Grace”.

Par son documentaire composé essentiellement d’images d’archives, dont certaines, issues de la famille sont jusqu’ici, inédites, Amy Berg nous plonge de manière touchante dans la vie quotidienne d’un artiste. Elle nous en fait un portrait humain, qui nous semble presque personnel, raconté par ses proches, sa famille, ses amis, ses amours, mais aussi par d’autres artistes plus reconnus tels que Ben Harper. L’ensemble est bercé par la musique du virtuose et quelques passages d’images animées. On y apprend alors que la carrière de Jeff Buckley a réellement été lancée grâce à son père (mais aussi malgré lui !), lors d’un concert à sa mémoire, tenu à New York en 1991. L’organisateur de ce grand hommage intitulé Greetings from Tim Buckley prend alors contact avec l’ancien manager de Tim Buckley pour dresser sa liste d’artistes conviés. C’est à ce moment que le prénom de Buckley junior est prononcé, et c’est aussi là que Jeff rencontrera la notoriété et Gary Lucas, guitariste qui s’était fait connaître au sein du groupe rock expérimental Captain Beefheart, et avec lequel il collaborera à de nombreuses reprises. À partir de là, Jeff Buckley se produira dans un bar appelé Sin-é, accueillant régulièrement des musiciens du coin, devenu, grâce à lui, un lieu quasi mythique incontournable. Il y jouera quasiment toutes les semaines, d’abord des reprises des artistes qui ont bercé son enfance, tels que Nina Simone, Nusrat Fateh Ali Khan, ou encore Leonard Cohen et son fameux Hallelujah, et puis, petit à petit, des interprétations de son cru. En 1994 qu’il sort enfin son premier album, Grace, avec lequel il entreprendra une tournée internationale et rencontrera la notoriété. Peut-être même trop pour un jeune homme qui se voulait ordinaire…

Voilà donc un bel hommage à un auteur-compositeur-interprète au talent fou qui a quitté ce monde bien trop précocement, qui nous ravive la mémoire sans la figer, qui rend justice à un artiste souvent mal compris, sans jamais en faire un objet de culte, et surtout qui ouvre les portes sensibles d’une musique désormais éternelle.


La conférence de Bertrand Dupouy : 

La façon dont un musicien disparaît peut considérablement modifier son statut post-mortem, générant des légendes, renforçant des mythes et forgeant des légendes. Et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ça ne concerne pas que la pop ou le rock…