Une bataille après l’autre
Oscar du meilleur film, c’est aussi le film arrivé en tête
du TOP 5 de 2025, votre choix! (il y a des votes plus enthousiasmants que d’autres!)
Ancien révolutionnaire désabusé et paranoïaque, Bob vit en marge de la société, avec sa fille Willa, indépendante et pleine de ressources. Quand son ennemi juré refait surface après 16 ans et que Willa disparaît, Bob remue ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé…
Ce qui désarme et humanise le film, c’est avant tout l’humour. Sans que jamais l’action n’en pâtisse, le film s’offre des libertés réjouissantes dans ces changements de rythme que semble incarner à lui seul le personnage zen de Sensei Sergio, contrepoint de l’agitation fébrile de Bob. Le grotesque et le burlesque introduisent ce décalage et cette folie qui permettent d’éviter à la fois les lieux communs du film d’action et le pensum politique. Fait de quêtes et de traques, Une bataille après l’autre n’est jamais aussi bon que lorsqu’il joue simplement à cache-cache. Le film dessine une ligne droite parfois discontinue, comme le graphique du test de paternité, lui-même semblable aux traits qui séparent la chaussée. La plus belle séquence est justement une poursuite virtuose, durant laquelle trois voitures apparaissent et disparaissent dans les plis et les replis verticaux de l’asphalte, au cœur du désert traversé. Où, face à la tension croissante, on songe au conseil de Sensei Sergio : « Pense aux vagues… » (Extraits de la critique de Stéphane Goudet, mensuel Positif, octobre 2025)
