La panthère des neiges
Au coeur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent Munier entraîne l’écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde.
Sublime invitation au voyage : répondre à l’appel des mondes oubliés, de la faune sauvage, d’une humanité perdue au fin fond du Tibet. L’aventure se déroule entre 4500 et 6000 mètres d’altitude, des chiffres qui filent le tournis. Assis dans notre fauteuil, nous goutons tous les avantages du périple sans ses inconvénients : découvrir une nature accessible à très peu de regards tout en évitant le fouet du vent violent, les températures extrêmes, entre -18° et -35°…
C’est bien jusque-là qu’il faut aller pour espérer apercevoir, le temps de quelques instants fugaces, des animaux presque aussi mythiques et invisibles que le fameux dahu ou la sublime licorne. S’il n’y avait ces rares images prises dans les années 1970 par le biologiste américain George B. Schaller, qui croirait à l’existence de la panthère des neiges ? Si rares sont ceux qui l’ont entr’aperçue… C’est autour de cet incroyable quête que Vincent Munier va transporter une minuscule troupe choisie vers d’improbables sommets pour partir sur les traces de l’insaisissable animal. Et ce suspens nous tiendra en haleine tout autant que les époustouflantes prises de vues, les formidables rencontres inattendues. Les gouttes de fine rosée sur un brin d’herbe frêle, les vapeurs qui montent de chauds museaux, la terre si charnelle, un flocon immaculé, le plumage duveteux d’un rouge-queue… ici tout est sujet à émerveillement. D’une beauté littéralement à couper le souffle, chaque prise de vue célèbre la vie, une forme d’harmonie évidente, réparatrice. L’immensité vertigineuse et intemporelle nous ramène de façon salutaire à la fragilité de tout être vivant, donc à la nôtre.
