Affiche du film Remember

Remember

de Atom Egoyan
VOSTFR
Bande annonce
Film canadien sorti le 23 mars 2016
Avec Christopher Plummer, Martin Landau, Bruno Ganz, Dean Norris, Henry Czerny, Jürgen Prochnow
Genre : Drame
Durée : 1 h 35

Un vieil homme, survivant de l’Holocauste, parcourt les États-Unis pour se venger d’un passé qu’il ne cesse d’oublier.


Critique

Zed a 85 ans, une allure de vieux monsieur très classe, et se perd un peu entre passé et présent. Dans une chouette maison pour vieux un peu largués mais qui ont les moyens, il a beaucoup de mal à se rappeler que sa femme Esther est décédée depuis huit jours et la cherche à chaque réveil… Son vieux copain Max est là aussi avec son fauteuil à roulettes, son oxygène dans le nez, ses airs de méphisto à la retraite (Martin Landau), mais toute sa tête et une furieuse haine qui l’a accompagnée toute sa vie et sera le moteur de l’aventure incroyable qui va s’élaborer à partir de sa chambre.

Zed a toujours sur le bras le numéro qui lui rappelle qu’il est avec Max un des rares survivants de leurs deux familles exterminées par les nazis. Il ne se souvient pas d’avoir promis à sa femme de les venger en retrouvant le SS qui a directement provoqué leurs morts… Mais Max lui a tout écrit dans une lettre qu’il devra garder sur lui en s’échappant de ce havre médicalisé et la relire chaque fois qu’il perdra le fil : les billets d’avion sont dans une enveloppe, les dollars aussi, les chambres d’hôtels sont payées d’avance… Il suffit que Zed suive les indications pour accomplir ce que Max, cloué dans son fauteuil, ne peut plus accomplir : retrouver et tuer Rudy Kurlander, le coupable, l’exterminateur de Juifs, réfugié aux Etats Unis comme de nombreux nazis qui s’y sont faufilés à la fin de la guerre, se chachant parfois sous le nom de leurs victimes. La quête sera compliquée, pleine de surprises, sorte de polar noir et étrange à rebondissements inattendus, plongée dans des vies troublées, des souvenirs douloureux des camps, où on croise aussi de furieux nostalgiques du nazisme qui continuent à vénérer Hitler (impressionnant Dean Norris que Breaking Bad nous a rendu familier).

Il ne fallait pas s’attendre de la part d’Atom Egoyan à un film lisse et linéaire. Crépusculaire et ponctué de nostalgie, de relents de souffrances qui ne s’estompent pas, ce Remember ouvre plus d’interrogations qu’il n’apporte de réponses. On voit bien que sous ce polar sombre et peu ordinaire se cache l’ambiguïté de l’humanité, qui distingue les bourreaux pour en faire des victimes et transforme les victimes en bourreaux dans un jeu de cache cache morbide…