Affiche du film Le garçon et la bête

Le garçon et la bête

de Mamoru Hosoda
Bande annonce
Film japonais sorti le 13 janvier 2016
Genre : Animation, Aventure
Durée : 1 h 58

Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire…


Critique

Il n’est plus besoin de présenter la grande figure du cinéma d’animation japonais qu’est Mamoru Hosoda. Déjà son premier long-métrage indépendant, La Traversée du temps, posait les jalons d’une œuvre originale et novatrice, ancrée dans les traditions culturelles de son pays, tout en étant tournée vers l’avenir du monde et de la société. C’est donc naturellement qu’il est devenu, en quelques années, l’un des cinéastes les plus reconnus au monde. Quatre ans après Les Enfants loups : Ame et Yuki, portrait bouleversant d’une mère courage luttant pour la survie et l’intégration de ses progénitures, le réalisateur signe, avec Le Garçon et la Bête, son film le plus complexe et le plus abouti, entraînant le spectateur dans un voyage initiatique mouvementé et passionnant.

En pleine soirée, alors que la population rentre de sa journée de travail, un jeune orphelin s’enfuit dans les rues sombres de la ville, hurlant de tristesse et de haine. Cherchant à s’émanciper d’une société qu’il juge plus qu’injuste, il traverse une porte interdimensionnelle, et se retrouve perdu dans le monde des bêtes, laissant derrière lui une ombre de ténèbres, de colère et de douleur. C’est là qu’il rencontre Kumatetsu, un ours mal léché (au sens propre comme au sens figuré), qui décide de le prendre sous son aile et de l’initier aux techniques de combat. Kumatetsu sait pourtant que les humains n’ont pas leur place au sein de la communauté animale. Malgré cela, le jeune apprenti, appelé Kyuta par son maître, décide de rester et de se battre pour prouver qu’il est digne de sa terre d’adoption.

Avec ses animaux doués de parole et sa fantasmagorie enchanteresse, Le Garçon et la Bête rappelle les fables de La Fontaine et les contes de Perrault, qui s’appliquent à éduquer la jeunesse en la faisant rêver. C’est ce même procédé qu’utilise Mamoru Hosoda, pour aborder des concepts philosophiques, sociaux et humanistes, illustrés de manière très ludique par chaque plan et chaque dialogue du film.

Original et follement inventif, embrassant fougueusement la fantaisie de l’imaginaire et du merveilleux, Le Garçon et la Bête est un conte de fées suspendu dans l’espace et le temps, une aventure magnifique qui ravira petits et grands. avoir-alire.com